La réforme des arrêts de travail fait de nouveau parler d’elle. L’Assemblée nationale a voté un changement majeur qui touche à la durée maximale des arrêts maladie. Cette décision pourrait bien rebattre les cartes pour de nombreux salariés et professionnels de santé. Voyons ce qui va réellement changer pour vous.
Ce que prévoit la nouvelle règle sur les arrêts maladie
Le 6 décembre 2025, les députés ont adopté une mesure importante dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. À partir de cette date, un arrêt maladie initial sera limité à un mois. En cas de renouvellement, la durée maximale passera à deux mois.
Cette règle s’appliquera dans tous les contextes :
- Que le médecin exerce en ville ou à l’hôpital
- Quelle que soit la pathologie initiale
Il sera cependant possible d’y déroger. Les médecins conserveront une certaine liberté à condition de justifier clairement leur choix sur l’ordonnance.
Une mesure qui divise : entre rigueur budgétaire et soins adaptés
Le gouvernement défend ce choix comme une réponse à la hausse continue des dépenses liées aux arrêts maladie. L’objectif affiché : mieux encadrer les prescriptions, tout en évitant les abus.
Mais cette décision reste très controversée. Une première version du texte, encore plus stricte, avait été envisagée :
- 15 jours maximum pour un arrêt prescrit en ville
- 30 jours à l’hôpital
Cette formule a été abandonnée. Finalement, c’est une version « adoucissante » qui a été adoptée par 128 voix contre 86 à l’Assemblée. Le Sénat, lui, s’y était opposé, craignant une surcharge évitable du système de soins déjà sous tension.
Ce qui change concrètement pour les salariés
Jusqu’à présent, aucune durée légale maximale n’était imposée pour les arrêts maladie. Les médecins fondaient leur décision sur les recommandations selon les pathologies, au cas par cas.
En revanche, un cadre existe déjà concernant les indemnités journalières :
- Le versement est plafonné à 360 jours sur trois ans
Désormais, avec cette nouvelle règle, une première prescription dépassant un mois sera encadrée de manière plus stricte. Il faudra plus fréquemment repasser chez le médecin pour faire renouveler l’arrêt, ce qui risque d’ajouter des démarches pour les patients comme pour les soignants.
Quels impacts pour les médecins ?
Les professionnels de santé se trouvent désormais face à un dilemme :
- Respecter la règle du plafond
- Ou rédiger une justification médicale à chaque fois qu’un arrêt dépassera un mois
Ce formalisme supplémentaire pourrait allonger le temps de travail administratif, réduisant le temps consacré aux soins. Dans un contexte où la médecine de ville et les hôpitaux doivent déjà composer avec un manque de professionnels, la tension pourrait augmenter.
Un signal clair : priorité au contrôle des dépenses
L’Assemblée nationale affiche ici une volonté ferme : freiner la progression des arrêts longs. En visant plus de contrôle, elle répond aux inquiétudes budgétaires croissantes autour de l’assurance maladie. Mais la question reste entière : cette mesure permet-elle de prévenir les abus sans pénaliser les patients légitimes ?
Pour les syndicats de médecins et les associations de patients, l’heure est à la prudence. Beaucoup redoutent que cette formule ne devienne une entrave à un suivi médical adapté à chaque situation.
Conclusion : équilibre fragile entre économie et santé
Limiter à un mois les arrêts maladie initiaux va-t-il vraiment permettre de faire des économies sans compromettre la qualité des soins ? Cette nouvelle règle pourrait bien provoquer un effet boomerang, rallongeant les files d’attente dans les cabinets et les hôpitaux.
Le débat est lancé. Entre nécessité de contrôle et besoin de souplesse médicale, l’équilibre reste difficile à trouver. Une chose est sûre : cette réforme bouscule les habitudes.




