Un coup dur s’annonce pour des millions d’épargnants en France. Dès février 2026, les taux du Livret A et d’autres livrets réglementés vont baisser. Une baisse discrète, mais bien réelle—et qui pourrait coûter cher sur le long terme.
Le Livret A va rapporter moins : voici les nouveaux taux
Actuellement fixé à 1,70 %, le taux du Livret A va tomber à environ 1,40 % à partir du 1er février 2026. Soit une baisse de 0,30 point en un seul mouvement. Ce recul est directement lié à la situation économique : inflation sous les 1 % et baisse de l’€/STR (le taux interbancaire européen de référence).
Mais le Livret A n’est pas le seul touché. Voici ce qui vous attend :
- Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : baisse similaire à celle du Livret A, passant aussi à environ 1,40 %;
- Livret d’Épargne Populaire (LEP) : chute possible de 2,70 % à 2,40 %, voire 1,90 % si les conditions ne s’améliorent pas;
- Compte Épargne Logement (CEL) : passe de 1,25 % à 1 %;
- Livret Jeune : tendance baissière également, souvent calée sur le Livret A.
Des économies en danger ? L’impact réel sur vos intérêts
La baisse de taux peut sembler modeste à première vue. Mais sur une année entière, les pertes s’accumulent. Prenons deux exemples concrets :
- Un Livret A garni de 15 000 € rapportera environ 45 € de moins par an;
- Un LEP avec 7 700 € subira une perte de plus de 23 € sur les intérêts annuels.
À l’échelle nationale, ces valeurs se transforment vite en dizaines de millions d’euros en moins pour les foyers français.
Qui sera le plus touché par cette baisse ?
Ce sont surtout les épargnants les plus vulnérables qui ressentiront cette baisse comme une injustice. Personnes âgées, familles monoparentales, étudiants… beaucoup comptent sur ces placements sûrs pour boucler leur budget mensuel.
Mireille, une retraitée à Nantes, résume le malaise partagé : « On nous incite à épargner prudemment, mais on rogne encore sur ce qui aide à finir le mois. »
Le LEP, censé protéger les revenus modestes grâce à un taux revalorisé, pourrait même perdre davantage que prévu.
Pourquoi ces baisses ? Un rappel sur la formule de calcul
La rémunération des livrets réglementés est calculée automatiquement à partir :
- du niveau d’inflation observé sur les douze derniers mois ;
- et du taux interbancaire €STR.
Quand l’inflation baisse, les intérêts sur vos livrets suivent une trajectoire descendante. Peu de place est laissée à des ajustements manuels… ce qui rend la formule peu favorable aux épargnants quand la conjoncture se durcit.
Seule hausse en vue : le nouveau PEL
Dans ce paysage morose, seule une note positive : les Plans d’Épargne Logement ouverts à partir de janvier 2026 verront leur taux grimper à 2 %. Une valorisation marginale, qui ne compensera pas les pertes sur les autres livrets.
Faut-il changer votre stratégie d’épargne ?
Avec des rendements moins intéressants, de nombreux Français devront adapter leurs choix. Ces livrets restent sans risque et garantis, mais sont-ils encore suffisants face aux imprévus de la vie ?
Les chiffres définitifs seront publiés mi-janvier 2026, juste après les données officielles sur l’inflation de décembre. Ces données pourraient affiner légèrement les taux, surtout pour le LEP. Mais les grandes lignes sont déjà tracées.
Il est peut-être temps d’explorer d’autres pistes : fonds diversifiés, obligations, ou même assurance-vie. Sans basculer dans le risque, une diversification peut protéger davantage votre pouvoir d’achat.
En résumé : ce que vous devez retenir
- Livret A et LDDS : taux en baisse à environ 1,40 % dès février 2026 ;
- LEP : risque de recul jusqu’à 1,90 % ;
- CEL : chute à 1 % ;
- PEL ouvert en 2026 : seul taux en hausse, estimé à 2 % ;
- Réduction moyenne des gains : 45 €/an sur 15 000 € de Livret A.
La baisse annoncée remet en question un pilier historique de l’épargne française. La confiance envers ces produits peut-elle se maintenir si leur rendement ne suit plus la vie réelle ?
Chaque foyer devra faire ses comptes. Et peut-être, réinventer sa manière d’épargner en 2026.




